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Sénégal : après son arrestation manquée à l’Assemblée nationale, Cheikh Bara Ndiaye convoqué ce mercredi

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Ce mardi 26 mai 2026, des agents de la Section de recherches ont tenté d’interpeller le député Cheikh Bara Ndiaye à l’intérieur même de l’Assemblée nationale du Sénégal. Evacué in extremis par des collègues du Pastef, le parlementaire a dénoncé une « violation flagrante de la loi » et est convoqué ce mercredi.

Ce qui s’est passé ce mardi 26 mai 2026 dans les couloirs de l’Assemblée nationale sénégalaise n’a pas de précédent récent dans l’histoire parlementaire du pays. Des agents de la Section de recherches, l’une des unités d’élite de la gendarmerie sénégalaise sont intervenus en plein hémicycle pour tenter d’interpeller le député Cheikh Bara Ndiaye. Une tentative qui a rapidement tourné au chaos.

Alertés, des collègues du Pastef ont immédiatement évacué le député, qui a réussi à se réfugier à l’intérieur du bâtiment parlementaire, mettant ainsi en échec la tentative d’arrestation. Une scène que beaucoup considèrent comme une atteinte directe à l’immunité parlementaire.

« Une violation flagrante de la loi »

Cheikh Bara Ndiaye n’a pas tardé à réagir. Sur les réseaux sociaux, le député a publié un message cinglant : « Diomaye Faye a envoyé la Section de Recherches m’arrêter à l’Assemblée nationale. Une violation flagrante de la loi. » Une accusation directe contre le chef de l’État, qui place cet épisode au cœur d’une bataille politique à haut risque.

Le député est accusé de diffamation et de diffusion de fausses nouvelles. Il est convoqué ce mercredi à la Section de recherches. Il a annoncé son intention de riposter à cette action qu’il juge illégale et politiquement motivée.

Les accusations explosives contre le ministre Cheikh Diba

Au cœur de cette affaire se trouvent des déclarations particulièrement graves formulées par Cheikh Bara Ndiaye contre le ministre des Finances Cheikh Diba. Le député l’accuse d’avoir détenu « plusieurs centaines de milliards de francs CFA touchés indûment ». Il est allé plus loin en affirmant que le président Bassirou Diomaye Faye aurait couvert ou protégé son ministre dans cette affaire présumée.

Des accusations que les autorités qualifient de diffamation, et qui ont visiblement déclenché une réponse judiciaire brutale de la part du pouvoir exécutif.

Cette tentative d’arrestation soulève une question juridique fondamentale : un député peut-il être arrêté à l’intérieur de l’Assemblée nationale ? La Constitution sénégalaise, comme la plupart des lois fondamentales, protège les parlementaires d’une arrestation sans levée préalable de leur immunité par l’Assemblée elle-même. Une procédure qui n’aurait pas été respectée dans ce cas, selon le camp du député.

Si les faits sont avérés tels que décrits, la tentative d’interpellation directe dans l’hémicycle constituerait une violation caractérisée du droit parlementaire, susceptible d’alimenter encore davantage les tensions entre l’exécutif et le Pastef malgré le fait que ce parti soit celui du président lui-même.

La rupture Diomaye-Sonko en toile de fond

Cet épisode s’inscrit dans un contexte de fracture politique béante entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, fraîchement élu président de l’Assemblée nationale. Cheikh Bara Ndiaye, proche de Sonko, est perçu par beaucoup comme une cible indirecte dans ce bras de fer au sommet de l’État sénégalais.

Les prochaines heures seront décisives. La convocation de ce mercredi dira si le député obtempère ou choisit l’affrontement juridique et politique ouvert. Dans les deux cas, le Sénégal s’enfonce un peu plus dans une crise institutionnelle sans précédent depuis l’avènement du Pastef au pouvoir.

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