Bénin : patron et employée se retrouvent au tribunal pour des accusations croisées de harcèlement sexuel et d’abus de confiance
À Abomey-Calavi, une employée et son ancien patron ont comparu ce mercredi 10 juin devant le tribunal dans deux procédures distinctes portant respectivement sur des faits présumés d’abus de confiance et de harcèlement sexuel.
Le tribunal d’Abomey-Calavi a examiné, ce mercredi 10 juin, deux dossiers opposant un chef d’entreprise à son ancienne employée. Au terme des débats, aucune des accusations portées n’a pu être établie avec certitude, conduisant les juges à prononcer deux décisions de relaxe.
Dans la première affaire, le chef d’entreprise accusait son ex-collaboratrice d’avoir effectué des retraits d’argent sur son compte Mobile Money sans son autorisation avant de quitter son emploi. Selon lui, ces opérations constituaient un abus de confiance.
À la barre, l’employée a rejeté ces accusations. Selon Bip radio, elle a soutenu qu’elle agissait dans le cadre de ses fonctions et qu’elle informait systématiquement son employeur des opérations réalisées. Elle a également expliqué qu’il lui arrivait de financer des achats pour l’entreprise avec ses propres ressources avant d’être remboursée.
Des versions contradictoires
L’ancienne salariée a indiqué que son patron lui avait lui-même communiqué le code d’accès à son compte Mobile Money en raison du climat de confiance qui existait entre eux. Elle affirme avoir retiré uniquement le montant qui lui avait été indiqué, estimant que les divergences constatées par la suite pourraient être liées à d’autres transactions effectuées par son employeur.
Face aux incohérences relevées dans les déclarations des deux protagonistes et à l’absence de preuves permettant de trancher avec certitude, le tribunal a décidé de relaxer l’employée au bénéfice du doute.
Le même jour, les magistrats ont également examiné une plainte déposée par l’employée contre son ancien patron pour harcèlement sexuel. Le chef d’entreprise a catégoriquement contesté les faits qui lui étaient reprochés.
Lors de son audition, la plaignante a reconnu avoir entretenu, dans un premier temps, des rapports consentis avec son employeur avant de prendre ses distances. Elle a expliqué ce changement par la découverte d’une relation que celui-ci aurait également entretenue avec sa sœur.
En l’absence d’éléments matériels ou de témoignages suffisamment probants pour établir l’existence d’un harcèlement sexuel, le tribunal a une nouvelle fois retenu le bénéfice du doute et prononcé la relaxe du chef d’entreprise. Les deux dossiers se sont ainsi soldés par des décisions favorables aux personnes poursuivies.

