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« C’était ça ou mourir » : du Prix Fnac 2026 à l’exclusion du Goncourt, la chute brutale de Thélyson Orélien

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Quelques jours auront suffi pour faire basculer la trajectoire littéraire de C’était ça ou mourir. Couronné du Prix du Roman Fnac 2026, attribué par un jury composé de 400 lecteurs et 400 libraires, le roman de l’écrivain canadien d’origine haïtienne Thélyson Orélien vient d’être écarté de la première sélection du prix Goncourt, sur fond d’accusations de plagiat et d’utilisation massive de l’intelligence artificielle.

Le roman, publié aux éditions Grasset, raconte le parcours d’un jeune professeur haïtien contraint de quitter son pays et de prendre la route de l’exil. Son succès et sa présence dans la sélection du Goncourt avaient contribué à installer son auteur parmi les noms qui comptaient dans la rentrée littéraire 2026.

Mais le 21 septembre, la polémique éclate. Un compte X anonyme accuse le livre d’avoir été entièrement écrit par une intelligence artificielle. L’accusation se propage et ouvre une controverse qui dépasse rapidement les réseaux sociaux pour atteindre le monde littéraire et médiatique.

Du succès littéraire à la controverse sur l’IA

La première consécration était pourtant venue du Prix du Roman Fnac 2026. La couverture de C’était ça ou mourir affiche cette distinction avec la mention d’un choix effectué par « un jury de 400 lecteurs et 400 libraires ». Une reconnaissance qui donnait au roman une visibilité particulière avant que les soupçons sur ses conditions d’écriture ne viennent bouleverser sa réception.

L’affaire prend une nouvelle dimension lorsque des accusations de plagiat sont également mises en avant. Dans son communiqué, l’Académie Goncourt affirme que des plagiats dont l’auteur se serait rendu coupable « au fil du temps » ont été révélés. Elle évoque parallèlement les résultats « convergents » de plusieurs analyses réalisées par des chercheurs et des journalistes.

Selon l’institution, ces analyses mettent en évidence le fait que C’était ça ou mourir serait « selon toute vraisemblance très largement le produit d’une Intelligence Artificielle ». L’Académie adopte donc une position ferme, tout en utilisant une formulation qui laisse apparaître le caractère encore contesté de certaines conclusions.

La polémique a également donné lieu à des prises de position très différentes. Sur CNews, Mathieu Bock-Côté a qualifié le roman de « nul et archi-nul ». À l’inverse, Virginie Despentes et Le Nouvel Obs ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une campagne marquée par le racisme et une « chasse aux sorcières » contre l’écrivain.

Le Goncourt écarte le roman

Face à cette controverse, l’Académie Goncourt a décidé de supprimer C’était ça ou mourir de sa première liste. Elle justifie cette décision par sa volonté de préserver « l’intégrité du prix Goncourt », dont elle rappelle le rôle dans la promotion et la consécration de la littérature.

L’institution veut également adresser un message aux différents publics associés au prix, notamment les participants au Goncourt des Lycéens, au Goncourt des Détenus et aux plus de cinquante Choix Goncourt organisés à l’étranger. Elle affirme ainsi ne pas vouloir « cautionner » ni « adouber » la création de textes générés avec l’aide de l’intelligence artificielle.

Cette décision intervient alors que le livre avait déjà obtenu une distinction majeure de la rentrée littéraire. Le contraste entre cette reconnaissance et son exclusion du Goncourt illustre l’ampleur de la controverse qui entoure désormais le roman.

L’Académie Goncourt indique qu’elle ne fera pas d’autre commentaire sur l’affaire et donne rendez-vous au 6 octobre 2026, date prévue pour la publication de sa deuxième liste.

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