“Les marchands d’illusions: quand la cause devient un fonds de commerce”, Casimir Djidago
Ce sont les bailleurs de fonds qui encouragent ces petites paresseuses dans la bassesse. Si le port d’une tenue pour se faire remarquer vous dérange, posez-vous les bonnes questions : 𝒄𝒆 𝒇𝒖𝒕 𝒂 𝒒𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒐𝒄𝒄𝒂𝒔𝒊𝒐𝒏 ? 𝑳’𝒂𝒄𝒕𝒊𝒗𝒊𝒕é 𝒂𝒗𝒂𝒊𝒕 𝒒𝒖𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒇𝒊𝒏𝒂𝒍𝒊𝒕é ? 𝑬𝒕 𝒒𝒖𝒊 𝒍’𝒂 𝒇𝒊𝒏𝒂𝒏𝒄é𝒆 ?
Galas, marches, forums, sommets… Telles sont les nouvelles trouvailles de ces profiteurs déguisés. Puisque la porte des postes électifs juteux ou des bureaux climatisés leur est désormais fermée, nos chers amis qui, au lieu d’étudier, ont préféré créer des ONG se reconvertissent progressivement. Il faut bien s’investir sur un autre marché lucratif. La cible est vite trouvée : les malades, les chômeurs, les populations sous l’emprise du terrorisme.
Toutes les maladies et tous les problèmes sociaux deviennent soudain des prétextes de marche ou de supposée lutte. Il s’agit d’organiser des activités de mobilisation sociale, de rédiger des Termes de Référence (TDR) et de courir après les financements. Malheureusement, la combine fonctionne, car il existe des organisations qui n’attendent que ces initiatives pour vider les budgets mis à leur disposition. À l’approche de décembre, la machine s’emballe.
Auparavant, seules les ONG profitaient de ces opportunités. Aujourd’hui, les anciennes maîtresses de la combine et les nouvelles candidates se disputent la vedette. La méthode est rodée : soit on se proclame « féministe impolie » en multipliant les sorties stupides et les déclarations tonitruantes pour attirer les projecteurs, soit on arbore une tenue sciemment suggestive pour faire le buzz. Et si cela ne suffit toujours pas, on lance des podcasts où l’on déballe les insanités les plus sordides de la manière la plus grossière possible. L’essentiel est que la toile s’enflamme.
Au fond, ces individus ne mènent aucune lutte véritable. Ils sont simplement là pour s’exhiber. Ce n’est plus une pathologie liée à un manque d’amour ou d’affection : c’est devenu une stratégie pure et dure.
Ceux qui ont compris le jeu ne s’en plaignent même plus ; ils observent le spectacle et en rigolent. Il paraît que tout cela finit parfois par s’inviter devant les tribunaux. C’est précisément à ce niveau que nos autorités devraient faire preuve de la plus grande fermeté. Il est grand temps de sévir contre ces faux plaignants de pacotille, et que la brigade des mœurs active ses radars. Les parrains et protecteurs sur qui ces petits profiteurs comptent doivent également saisir l’occasion pour taper du poing sur la table. S’il a été possible d’imposer une trêve politique et de ramener à la raison certains acteurs de la vie publique, le même grand ménage doit urgemment s’opérer du côté de ces prétendus « influenceurs » qui n’influencent d’ailleurs plus grand monde.
Sinon, à force de tolérance complice, on finira par croire que ces bateleurs de foire bénéficient de la caution tacite de ceux que nous autres, citoyens épris de probité, considérons comme des modèles de bons dirigeants. Le sursaut moral n’est plus une option ; c’est une urgence républicaine.
Casimir DJIDAGO, Enseignant de français dans les Lycées et collèges du Bénin, observateur de la vie sociale, Leader d’opinion.

