Côte d’Ivoire : 148 milliards FCFA mobilisés par sept banques pour financer la construction d’une mine d’or
Sept banques ivoiriennes ont mobilisé 148 milliards de FCFA pour financer la construction de la mine d’or de Doropo, dans le nord-est de la Côte d’Ivoire, à travers un accord signé le 3 novembre 2026 à Abidjan avec Resolute Mining. Cette enveloppe, équivalant à environ 260 millions de dollars, couvre près de la moitié des investissements nécessaires au projet, dont la première production d’or est attendue en 2028.
Le financement des grands projets miniers ne dépend pas exclusivement des institutions financières internationales. En Côte d’Ivoire, sept établissements bancaires locaux viennent de s’associer pour accompagner la construction de la mine d’or de Doropo, portée par le groupe australien Resolute Mining, à travers sa filiale Doropo Gold Mine SA.
L’accord, officialisé le 3 novembre à Abidjan, porte sur un montant de 148 milliards de FCFA, soit environ 260 millions de dollars. Le consortium réunit la Banque nationale d’investissement (BNI), Bank of Africa (BOA), BGFI Bank, AFG Bank, NSIA Banque, Bridge Bank et la Banque de l’Union (BDU).
Cette mobilisation représente près de la moitié du coût de construction de la mine, estimé à 516 millions de dollars, soit environ 301 milliards de FCFA. Resolute Mining a ainsi privilégié les ressources du système bancaire ivoirien pour financer une part importante de son investissement industriel.
Un financement local au cœur du contenu local
Au-delà de l’importance financière de l’opération, ce montage traduit une volonté de renforcer la participation des acteurs ivoiriens au développement du secteur extractif. Resolute Mining disposait également de propositions de financement auprès d’institutions internationales, mais a finalement retenu les banques locales pour accompagner le projet.
Selon Karl Akueson, vice-président chargé de l’expansion du groupe, ce choix s’inscrit dans une logique de retombées économiques nationales. Le contenu local ne se limite donc pas aux emplois ou aux achats auprès des fournisseurs du pays, mais concerne également la mobilisation des ressources financières nécessaires aux investissements.
Pour les banques participantes, cette opération constitue aussi une opportunité de contribuer au financement d’un projet industriel d’envergure et de renforcer leur positionnement dans le secteur minier.
Plus de 1 500 emplois attendus pendant les travaux
Située dans la région du Bounkani, à environ 650 kilomètres au nord-est d’Abidjan, la mine de Doropo devrait générer d’importantes retombées sur le marché de l’emploi.
Le chantier pourrait mobiliser plus de 1 500 travailleurs au pic de la phase de construction. Une fois l’exploitation lancée, plus de 400 emplois permanents sont annoncés. En intégrant les activités indirectes, notamment celles des fournisseurs et sous-traitants, le projet pourrait générer environ 2 000 emplois.
Les entreprises ivoiriennes et les petites et moyennes entreprises devraient également bénéficier des opportunités liées aux travaux, aux achats et aux prestations nécessaires au fonctionnement de la mine.
Une production annuelle estimée à 169 000 onces d’or
Le projet de Doropo prévoit une exploitation à ciel ouvert, associée à une usine de traitement du minerai par lixiviation en cuves. L’installation devrait disposer d’une capacité de traitement de 4,9 millions de tonnes de minerai frais par an.
Sur une durée initiale d’exploitation estimée à treize ans, la production annuelle moyenne est projetée à 169 000 onces d’or. La première coulée est attendue en 2028, selon le calendrier annoncé par Resolute Mining.
Le permis d’exploitation minière a été accordé en février 2026, après l’actualisation de l’étude de faisabilité définitive en décembre 2025.
Resolute Mining renforce sa présence en Afrique
Avec Doropo, Resolute Mining prépare sa première implantation minière en Côte d’Ivoire. Le groupe australien, présent en Afrique depuis plus de trente ans, revendique une production cumulée supérieure à neuf millions d’onces d’or.
Il exploite actuellement les mines de Syama, au Mali, et de Mako, au Sénégal. Le développement de Doropo vient ainsi renforcer son portefeuille d’actifs aurifères sur le continent.
La mobilisation des banques ivoiriennes pour ce projet illustre également la place croissante du financement domestique dans les investissements miniers de grande envergure, avec des enjeux liés à l’emploi, à la sous-traitance et à la participation des entreprises locales à la création de valeur.

