Tchad : un mort, six otages et une rançon de 500 millions, Boko Haram replonge la zone dans la terreur
Une nouvelle attaque attribuée à une faction de Boko Haram a endeuillé la zone frontalière entre le Niger et le Tchad, au nord du lac Tchad. Une personne a été tuée et six autres enlevées, tandis que les ravisseurs réclament de lourdes rançons, ravivant les inquiétudes sur la sécurité dans cette région déjà fragilisée.
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La terreur a de nouveau frappé les rives du lac Tchad. Mardi 31 mars 2026, un véhicule en provenance de Niamey et à destination de N’Djamena a été intercepté dans une zone sableuse située entre N’Guigmi, au Niger, et Daboua, au Tchad. L’attaque, attribuée à une faction de Boko Haram, a viré au drame : une personne a été tuée et six autres passagers ont été pris en otage.
Parmi les personnes enlevées figure le Dr Tisembé Lamsikréo, étudiant en chirurgie pédiatrique à Niamey, qui regagnait le Tchad pour assister aux obsèques de son père et rencontrer son deuxième enfant né durant son absence. Selon plusieurs sources concordantes, une partie des passagers installés à l’arrière du véhicule a réussi à prendre la fuite, contrairement aux occupants de la cabine, tombés aux mains des assaillants.
Les circonstances exactes du rapt restent toutefois sujettes à controverse. Les autorités tchadiennes situent l’enlèvement en territoire nigérien, déplorant l’absence d’escorte militaire sur cet axe à haut risque. De leur côté, des sources locales au Niger affirment que l’attaque se serait produite côté tchadien, illustrant la complexité sécuritaire de cette bande frontalière.
Des vidéos choquantes et des rançons exorbitantes
L’affaire a pris une ampleur particulière après la diffusion de vidéos glaçantes sur les réseaux sociaux. Dans l’une des séquences, les ravisseurs montrent l’exécution brutale d’un des otages, avant de forcer un autre captif à lancer un appel à l’aide à l’endroit de sa famille et des autorités. Une première rançon de 50 millions de francs CFA y est exigée.
Dans une autre vidéo, le Dr Tisembé Lamsikréo apparaît agenouillé, suppliant pour sa vie. Ses ravisseurs réclament cette fois 500 millions de francs CFA, soit plus de 760 000 euros, une somme largement hors de portée pour sa famille, décrite comme modeste et résidant dans le quartier de Walia à N’Djamena.
Fait inhabituel relevé par les observateurs : l’un des membres du groupe s’exprime partiellement en français dans la vidéo. Ce détail pourrait témoigner d’un recrutement croissant de combattants tchadiens et nigériens au sein des groupes issus de Boko Haram, signe d’une mutation de la menace dans le bassin du lac Tchad.
Face à cette situation, l’ambassade du Tchad à Niamey a appelé ses ressortissants à la plus grande vigilance, recommandant d’éviter les déplacements isolés, de privilégier les convois sécurisés et d’informer systématiquement les forces de défense avant tout trajet sur cet axe sensible.
Cette nouvelle attaque rappelle que, malgré les opérations militaires menées ces derniers mois, Boko Haram conserve une forte capacité de nuisance dans la région du lac Tchad, où l’insécurité continue de peser lourdement sur les populations civiles et les déplacements transfrontaliers.

