Bénin : fuite devant les contrôles forestiers, les transporteurs de charbon risquent jusqu’à 400 000 FCFA d’amende
Au Bénin, les transporteurs de bois, de charbon et d’autres produits forestiers qui tentent d’échapper aux contrôles des agents des Eaux, Forêts et Chasse s’exposent désormais à des sanctions plus lourdes, conformément à la loi n° 2026-16 du 23 juillet 2026 portant Code des forêts et de la faune. Cette mesure intervient dans un contexte marqué par la flambée du prix du charbon de bois, dont le sac est passé d’environ 6 500 à 11 000 FCFA dans certains circuits de vente à Cotonou. Une cherté qui accentue les difficultés d’approvisionnement et la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.
Les transporteurs de charbon et de bois qui choisissent de forcer les contrôles forestiers devront désormais réfléchir à deux fois avant de prendre la fuite. Le nouveau Code des forêts et de la faune renforce en effet le dispositif répressif contre les personnes qui refusent volontairement d’obtempérer aux agents habilités. L’objectif est de mieux faire respecter la réglementation encadrant la circulation des produits issus des ressources forestières.
En son article 296, la loi n° 2026-16 du 23 juillet 2026 prévoit une peine d’emprisonnement de trois mois à un an et une amende comprise entre 50 000 et 200 000 FCFA contre toute personne qui tente volontairement de se soustraire à un contrôle effectué par un agent des Eaux et Forêts. La disposition concerne aussi bien les personnes à pied que celles circulant à bord d’un véhicule.
La répression devient plus sévère lorsque le contrevenant transporte des produits forestiers. Dans ce cas, les peines sont doublées. Le transporteur encourt ainsi entre trois mois et deux ans d’emprisonnement, assortis d’une amende pouvant atteindre 400 000 FCFA. Ces sanctions ne se substituent toutefois pas aux poursuites susceptibles d’être engagées pour d’autres infractions, notamment l’exploitation illégale du bois ou le transport sans les documents réglementaires requis.
Véhicules et marchandises également exposés à la saisie
Le dispositif ne se limite pas aux peines d’emprisonnement et aux amendes. L’article 269 du même Code prévoit la possibilité de procéder à la saisie conservatoire du véhicule utilisé pour le transport ainsi que des produits forestiers concernés. Cette mesure doit être formalisée par un procès-verbal.
Le transport du charbon de bois et du bois de feu est par ailleurs soumis à des conditions particulières. Dans un communiqué publié le 23 janvier 2025, la Direction générale des Eaux, Forêts et Chasse rappelait l’obligation de disposer d’un titre de transport. Pour l’autoconsommation, un particulier ne peut transporter plus de deux sacs de charbon ou un stère de bois de feu. Bénin+1
Pour le transport commercial, les quantités autorisées varient selon le véhicule. 30 sacs au maximum pour une bâchée 404, 220 sacs pour un camion de 15 tonnes et 500 sacs pour un titan. Le titre de transport est délivré après paiement des taxes et redevances fixées à 630 FCFA par sac de charbon et 735 FCFA par stère de bois de feu. Ces dispositions ont été rappelées par l’administration forestière en janvier 2025. Bénin
Le charbon flambe, les ménages sous pression
Ce durcissement réglementaire intervient alors que le prix du charbon de bois connaît une hausse importante sur les marchés béninois. À Cotonou et dans ses environs, le sac qui se négociait autour de 6 500 FCFA est passé à environ 11 000 FCFA dans certains circuits d’approvisionnement. Le prix du petit sachet a également progressé, passant de 250 à 500 FCFA, selon des constats rapportés par le quotidien La Nation le 30 septembre 2026.
Cette augmentation pèse directement sur les ménages qui dépendent encore de ce combustible pour la préparation quotidienne des repas. Elle s’explique notamment par les difficultés d’approvisionnement, les contraintes liées au transport, le renforcement des contrôles forestiers et les restrictions concernant certaines essences recherchées pour la production du charbon. La hausse des coûts logistiques constitue également un facteur de pression sur les prix de vente.
Au-delà de la répression des infractions, le défi pour les autorités béninoises consiste donc à concilier la préservation des ressources forestières avec les besoins énergétiques des populations. Le développement d’alternatives accessibles, notamment le gaz domestique, les foyers améliorés et le biogaz, apparaît comme un enjeu important pour réduire progressivement la dépendance au charbon sans aggraver les difficultés financières des ménages.
Une loi consultable dans la base juridique officielle du Bénin
La loi n° 2026-16 du 23 juillet 2026 portant Code des forêts et de la faune en République du Bénin est également accessible sur LEGIS, la plateforme nationale de consultation des textes législatifs et réglementaires. Cette base de données est mise en œuvre par le ministère de la Justice et de la Législation, au profit du Centre de Documentation et d’Information Juridique (CDIJ), avec l’appui du Projet d’appui à l’amélioration de l’accès à la justice et de la reddition des comptes (PAAAJRC). legis.cdij.bj
Créé en 2011, le CDIJ est un établissement public scientifique placé sous la tutelle du ministère de la Justice et de la Législation. Il a notamment pour mission de rassembler, de classer et de diffuser les textes législatifs et réglementaires afin de faciliter leur consultation par les professionnels du droit, les chercheurs, les étudiants, les opérateurs économiques et les citoyens. legis.cdij.bj+1
La loi portant Code des forêts et de la faune figure dans la rubrique des lois promulguées de la plateforme LEGIS, avec une date de publication en ligne fixée au 21 octobre 2026. Elle est également répertoriée dans la documenthèque du Secrétariat général du Gouvernement, où elle apparaît parmi les lois promulguées, avec une publication indiquée au 24 août 2026. Les deux plateformes permettent de retrouver le texte intégral et de le télécharger. legis.cdij.bj+1
Cette disponibilité permet aux citoyens et aux acteurs de la filière bois-énergie de vérifier directement les dispositions qui encadrent leurs activités, notamment les infractions, les peines encourues et les conditions de transport des produits forestiers.

