Bénin : un journaliste survivant d’un accident vasculaire cérébral transforme son combat personnel en mission de prévention
Victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC), le journaliste béninois Hervé Prudence Hessou, président de l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), porte désormais le combat de la prévention à travers l’association AVerCion Aversion, qui organise une semaine de sensibilisation du 25 octobre au 1er novembre 2026. Au programme : des publications pédagogiques sur les signes d’alerte, les facteurs de risque et la vie après un AVC, avec pour point d’orgue le « Dialogue Cerveau & Voix », prévu le samedi 31 octobre à Cotonou.
De l’épreuve personnelle à l’engagement public, Hervé Prudence Hessou a choisi de faire de son expérience une source de sensibilisation. Pour ce journaliste qui exerce depuis près d’un quart de siècle, le silence n’est plus une option face aux risques liés à l’accident vasculaire cérébral. À travers AVerCion Aversion, il entend mobiliser les médias, les professionnels de santé et les personnes concernées pour mieux faire connaître cette maladie et les réflexes qui peuvent contribuer à en limiter les conséquences.
L’initiative intervient dans un contexte où l’AVC demeure un enjeu majeur de santé publique. Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) citées par l’association, environ 15 millions de personnes sont touchées chaque année dans le monde, et près de six millions en meurent. L’hypertension artérielle figure parmi les principaux facteurs de risque. Au Bénin, une enquête menée à Cotonou auprès de plus de 15 000 habitants a estimé la prévalence de la maladie à 4,6 pour 1 000, tout en relevant une connaissance insuffisante de l’AVC au sein de la population.
Pour Hervé Prudence Hessou, cette réalité appelle une réponse qui dépasse le cadre médical. La prévention passe également par une information accessible, régulière et adaptée aux populations. « Il faut forcément communiquer et informer les gens sur l’AVC. On croit le connaître, mais il reste loin de nos connaissances : chacun doit savoir quoi faire quand il le faut », explique-t-il.
AVerCion Aversion, un nom au service de la prévention
Derrière le nom AVerCion Aversion se trouve une volonté de transformer les mots en levier de sensibilisation. Le terme « aversion », issu du latin aversio, renvoie à l’action de détourner, mais aussi à la répulsion. Pour les initiateurs de l’association, il s’agit précisément de développer une aversion envers l’AVC, en agissant sur les comportements et en renforçant les connaissances. Le remplacement du « s » par un « C » dans « AVerCion » constitue un jeu de mots destiné à matérialiser ce combat. Le logo, représentant un cerveau en miroir, prolonge cette identité visuelle.
L’association se positionne ainsi sur les questions de prévention, d’information et de communication autour de l’AVC. Elle rassemble des victimes de la maladie, des journalistes, des communicants, des orthophonistes, des kinésithérapeutes, des infirmiers et des médecins, notamment des généralistes, neurologues, cardiologues et spécialistes de médecine physique et de réadaptation. Sa devise résume son ambition : « Informer · Sensibiliser · Agir ».
Du 25 octobre au 1er novembre, cette démarche se traduit par une campagne de huit jours, organisée autour de contenus pédagogiques publiés quotidiennement. Les thèmes abordés portent sur la reconnaissance des signes d’alerte, les facteurs de risque, les habitudes de prévention et l’accompagnement des personnes après un AVC.
Reconnaître les signes d’alerte et agir rapidement
La campagne met notamment l’accent sur les signes qui doivent alerter : une déformation du visage, une faiblesse d’un bras ou des difficultés à parler. L’objectif est d’aider le public à identifier rapidement une situation potentiellement grave et à solliciter les secours sans attendre. Les contenus abordent également les facteurs de risque, parmi lesquels l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme, la consommation d’alcool et la sédentarité.
La prévention ne s’arrête toutefois pas à la reconnaissance des symptômes. AVerCion Aversion entend aussi informer sur les habitudes de vie favorables à la santé et sur les réalités de l’après-AVC, notamment la rééducation et le rôle des proches dans l’accompagnement des personnes touchées. La Journée mondiale de lutte contre l’AVC, célébrée le 29 octobre, constituera l’un des temps forts de cette mobilisation.
« Je ne peux pas être journaliste depuis près d’un quart de siècle et président de l’Union, voir cet incident m’arriver et me taire », affirme Hervé Prudence Hessou. Il dit vouloir porter l’information au-delà de son niveau actuel, en s’appuyant sur les médias et les spécialistes pour toucher davantage de personnes. Une manière, pour lui, de donner une portée collective à une épreuve individuelle.
« Dialogue Cerveau & Voix » : les médias au cœur de la mobilisation
Le rendez-vous central de la campagne est fixé au samedi 31 octobre 2026 à 10 heures, à la Maison des médias Thomas MEGNANSSAN, à Gbèdjromèdé, à Cotonou. Baptisée « Dialogue Cerveau & Voix », cette rencontre prendra la forme d’une causerie réunissant des victimes d’AVC, des journalistes, des communicants et des professionnels de santé.
Les échanges doivent mettre en lumière les liens entre information, prévention et prise en charge. En réunissant des acteurs issus de différents domaines, les organisateurs souhaitent favoriser une meilleure compréhension de la maladie et encourager la diffusion de messages fiables auprès du public.
La campagne s’achèvera le dimanche 1er novembre par un bilan et des remerciements. Pour AVerCion Aversion, l’enjeu est de faire de cette semaine davantage qu’une succession de publications : une occasion de renforcer les connaissances, de promouvoir les bons réflexes et d’installer durablement la prévention de l’AVC dans le débat public béninois.
Point de vigilance avant publication : le texte source indique d’appeler le 118 en cas de signes d’AVC. Ce numéro de secours doit être vérifié auprès d’une source officielle béninoise avant diffusion. Il serait également utile de retrouver la référence exacte de l’enquête menée à Cotonou et de confirmer les données mondiales attribuées à l’OMS.

