CEDEAO: Bertille Guèdègbé Marcos des Fruits Tillou plaide pour l’harmonisation des normes et la fin des obstacles aux frontières pour les MPME
Dans le cadre de la réunion délocalisée de la Commission mixte du Parlement de la CEDEAO, tenue à Cotonou du 27 au 31 juillet 2026, une délégation de parlementaires ouest-africains a visité ce mercredi les installations de l’entreprise béninoise Les Fruits Tillou. La directrice générale, Bertille Guèdègbé Marcos, en a profité pour interpeller les États membres sur les obstacles concrets qui freinent la compétitivité des MPME dans l’espace communautaire.
La réunion délocalisée de la Commission mixte du Parlement de la CEDEAO, consacrée notamment au renforcement du rôle des MPME dans les chaînes de valeur régionales, ne s’est pas limitée aux salles de conférence.
Ce mercredi 29 juillet 2026, la délégation de parlementaires ouest-africains a effectué une visite de terrain dans les installations de Les Fruits Tillou, entreprise béninoise spécialisée dans la transformation et l’exportation de produits agricoles, notamment l’ananas. La délégation s’est également rendue à la GDIZ de Glo-Djigbé pour une visite des infrastructures industrielles béninoises.
S’inspirer de la Chine pour mieux exporter
Devant les parlementaires, Bertille Guèdègbé Marcos a partagé l’expérience de son entreprise sur le marché chinois pour illustrer ce que pourrait être une intégration régionale véritablement efficace.
Selon elle, la Chine a mis en place un système rigoureux de traçabilité pour les exportations d’ananas frais. A ce titre, chaque entreprise exportatrice, chaque plantation et chaque centre de conditionnement disposent d’un numéro d’identification permettant de retracer l’origine de chaque cargaison.
Des exigences phytosanitaires strictes complètent ce dispositif. « Une fois ces exigences respectées, les exportations deviennent beaucoup plus fluides », a-t-elle souligné. Elle a également appelé la CEDEAO à s’inspirer d’un tel modèle.
La libre circulation, un discours plus qu’une réalité
La directrice générale n’a pas mâché ses mots sur la réalité quotidienne du commerce intra-régional. Malgré les discours officiels sur la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace CEDEAO, le terrain raconte une tout autre histoire. Les camions restent immobilisés pendant des heures aux postes de contrôle frontaliers, victimes de lourdeurs administratives mais aussi, plus grave, de paiements informels exigés par certains agents avant de laisser passer les marchandises.
« On nous parle de libre circulation des biens et des personnes au sein de la CEDEAO, mais, sur le terrain, la réalité est tout autre. Ces retards ont un coût considérable pour les entreprises, notamment lorsqu’il s’agit de produits périssables », a-t-elle déploré. La promotrice des fruits Tillou point du doigt les quarantaines, inspections phytosanitaires et formalités administratives qui alourdissent inutilement les échanges.
Un appel concret aux États membres
Son message aux parlementaires présents était direct et sans détour. « Nous passons notre temps à parler de l’intégration régionale, mais si les obstacles persistent aux frontières, cette intégration restera un discours plutôt qu’une réalité économique. », a-t-elle plaidé.
Elle a appelé les États membres à mettre en place des postes frontaliers véritablement fonctionnels, des procédures harmonisées et transparentes, appliquées de manière uniforme dans tous les pays de la région.
« C’est à cette condition que les entreprises ouest-africaines pourront réellement commercer entre elles et créer davantage de valeur sur le continent », a-t-elle affirmé.
Les certifications, passeport pour les marchés exigeants
Bertille Guèdègbé Marcos a également mis en avant l’importance des certifications internationales pour accéder aux marchés les plus exigeants. Les Fruits Tillou est certifiée en agriculture biologique et selon la norme ISO 22000 relative à la sécurité sanitaire des aliments.
Elle a toutefois reconnu que ces démarches restent coûteuses pour les MPME, appelant les pouvoirs publics à renforcer leur accompagnement. « C’est à ce prix que nous construirons des industries compétitives, que nous créerons davantage de valeur ajoutée localement et que nous offrirons de meilleures perspectives aux producteurs comme aux transformateurs », a-t-elle conclu.
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